Rencontre avec Marc de Nale, Directeur général de Demain la Terre

Pour vous c’est quoi une offre locale ? Comment le savoir-faire local se distingue-t-il dans un marché qui tend vers la standardisation ?

 

Marc de Nale : En production agricole, puisque c’est ce que je connais, la notion de local est toute relative selon les cas. En effet, certaines productions sont très spécifiques à certains bassins (fruits à noyau, endives…), mais sont consommées partout. Justement, le lien avec le savoir-faire local doit s’inscrire dans une logique de responsabilité environnementale, sociale/sociétale et économique de la part du producteur en lien avec son ancrage local et la qualité du produit qu’il propose. Et cela ne doit pas seulement reposer sur du déclaratif, mais il doit être en mesure de le prouver, voire de le montrer.
La question de la standardisation est complexe pour la production de produits vivants ! Elle doit aussi tenir compte de la variabilité d’une variété à l’autre. Il est donc nécessaire de trouver les solutions et débouchés pour ne pas contribuer au gaspillage alimentaire. Ceux-ci existent, il faut avoir la volonté de les mobiliser. Ce sont autant de sujets que traite la démarche Demain la Terre.

 

Comment garder son identité de marque locale lorsque l’on est distribué au national et à l’international ?

 

Marc de Nale : En production agricole, la qualité des produits est dans de nombreux cas liée au terroir. C’est d’ailleurs au travers d’appellations ou de labels d’origine que certains produits sont mis en valeur. Au niveau national, c’est assez facile à comprendre. Ça l’est moins à l’international, où l’origine France se suffit à elle-même, les terroirs français sont nettement moins connus, à l’exception notable du vin. Je pense que les entreprises ont globalement intérêt à communiquer sur des engagements, des faits et résultats qui vont être compréhensibles par le plus grand nombre, y compris à l’international. Certains produits se prêtent plus que d’autres à la mise en avant d’une identité locale.

 

Comment se développer quand on a une offre locale ? Comment le développement du local doit-il prendre en compte la question des approvisionnements ?

 

Marc de Nale : Là encore, la production agricole liée à des terroirs typiques peut justement jouer cette carte-là. Dans les autres cas, la communication doit être différenciée selon les cibles géographiques. Dans tous les cas, une approche sincère et véritable est de rigueur, il n’est pas question de chercher à mentir au consommateur qui se détournera des produits mensongers.
Dans la question du local, il ne faut pas oublier la notion d’ancrage local, notamment concernant les fournisseurs et prestataires. Les entreprises vivent et se développent dans des territoires qu’elles contribuent à faire vivre et développer. En lien avec la notion de responsabilité évoquée précédemment, celle-ci doit se retrouver aussi au niveau économique, en pleine conscience de cet ancrage local. La totalité des fournitures et prestations ne peut pas être « locale », mais ce qui peut l’être contribue au développement économique local.
Toutes ces valeurs sont pleinement intégrées dans la démarche Demain la Terre portée par l’Association du même nom dans la filière des fruits et légumes frais et transformés.