Local : à la recherche d’une bonne définition

Apparu pour la première fois en 2005, le terme « locavore » nous vient de l’Ouest américain. À l’occasion de la journée mondiale de l’environnement, Jessica Pentrice, une américaine de San Francisco mit au défi les habitants de sa ville de se nourrir exclusivement d’aliments produits à moins de 100 miles, soit 160km de chez eux. Une initiative isolée qui, depuis cette date, a rencontré un vif succès partout dans le monde et est devenue un mode de consommation à part entière.

Si l’on comprend bien pourquoi il existe de bonnes raisons de consommer local : pour préserver l’environnement, soutenir l’économie locale, faire des économies, préserver sa santé, on s’interroge moins sur la notion de local. Qu’est-ce que le local ? Nous avons posé la question à plusieurs entreprises labellisées PME+ pour qui cette notion est le cœur même de leurs actions et de leurs engagements.

 

« Une offre locale est une offre de produits fabriqués localement avec des matières premières locales. Nous pourrions définir un approvisionnement local comme un approvisionnement réalisé dans un rayon autour de l’usine d’environ 200 km. A La Franco Argentine, nous produisons des confitures et des caramels en respectant la recette traditionnelle du patrimoine argentin mais avec des produits locaux (de Thiérache) et ce savoir-faire précieusement respecté mais qui tient compte des nouvelles tendances de consommation. » précise la Franco Argentine.

 

Pour Sabarot « Une offre locale, c’est une offre qui assure au consommateur que nos produits viennent d’une production au plus près de notre entreprise, et d’une agriculture raisonnée, durable et écologique…Mais le terme manque un peu de précision car pour certaines personnes, le local veut dire manger français, pour d’autres cela va aller jusqu’à la région.
Le périmètre est propre à chacun, mais pour nous le département parait être une bonne limite, au-delà, on parle de produit régional et non local. Ce qui est par exemple le cas pour notre lentille verte du puy avec le périmètre AOC de nos 88 communes. »

 

Le local c’est aussi une stratégie de différenciation associée au savoir-faire. Pomone offre ainsi une gamme de tartes aux pommes premium et de purées de fruits sous la marque « MILLEFRUITS » made in Val de Loire.
« Une richesse locale inestimable car nous proposons aux consomm’acteurs engagés dans une démarche de proximité 100% locavore des produits cultivés et fabriqués en Val de Loire. »

 

 

Chez Favols Naturgie, l’ancrage local fait partie de la politique RSE. «En effet, nous privilégions, dès que cela est possible, les approvisionnements de fruits Français. Ils représentaient 25% de nos achats de fruits en 2018 et leur part ne cesse d’augmenter. Les filières de fruits Français sont encore assez souvent réservées pour les fruits de bouche, à consommer frais et assez peu pour la transformation.
C’est pourquoi nous avons embauché depuis Juillet 2019 un chargé de filières afin de développer et construire de nouvelles filières de fruits Français spécialement pour la réalisation de nos confitures.

En effet, c’est un axe de développement très important permettant d’apporter une vraie différenciation aux consommateurs qui recherchent toujours plus de produits locaux. Toutes nos confitures sont réalisées dans notre atelier de Villeneuve sur Lot mais l’origine des ingrédients mis en œuvre est également de plus en plus regardée par les consommateurs. »

 

« Une offre locale est un produit fait tout d’abord localement, avec des ingrédients rigoureusement sélectionnés pour une qualité optimale, qui privilégie l’emploi local et la biodiversité des cultures. » rajoute Heimburger.
« Fabriquées dans notre usine à Marlenheim, nos pâtes certifiées IGP Pâtes d’Alsace respectent la recette traditionnelle 7 œufs frais au kilo de semoule de blé dur. Cette indication géographique protégée est gage de qualité et permet de reconnaitre une recette et un savoir-faire local unique. Nous privilégions l’emploi local, et ne cessons de raccourcir notre chaîne d’approvisionnement en travaillant avec des prestataires locaux.
Soucieux et respectueux du bien-être animal, nous fabriquons désormais nos pâtes avec des œufs frais plein air de France qui s’incorporent aux meilleurs blés durs sélectionnés depuis 4 générations.

De nos jours, nous observons une réelle tendance à l’alimentation à la fois locavore et respectueuse des animaux et de l’environnement. Afin de répondre à la demande croissante des consommateurs privilégiant les circuits courts et les produits locaux, nous sommes allés plus loin dans la démarche puisque nous sommes les premiers à avoir implantés une culture de blé dur en Alsace. En 2017, notre gamme de pâtes Grand’Mère « L’Alsacienne » à vue le jour, des pâtes fabriquées avec des ingrédients 100% alsaciens. Engagée dans une démarche certifiée de progrès social et environnemental depuis de nombreuses années, notre société ne cesse de s’améliorer en tirant profit d’un savoir-faire traditionnel inégalé. »

 

 

Et comment cela se passe du côté du non-alimentaire ? Kindy nous répond « Dans ce marché mondial, l’échelle du local est devenue l’échelle du national. Nous produisons une partie de nos collections dans l’Oise, et cette relocalisation nous permet d’avoir une incidence directe sur la vie locale : en termes d’emploi avant tout, mais aussi pour faire perdurer le savoir-faire d’un métier qui ne s’apprend plus à l’école (bonnetier par exemple).