Covid19 : Juste Bio/Un Air d’Ici « Donner des clés pour mieux consommer et moins polluer »

Dans cette période de crise inédite, les PME françaises ont dû faire face à de multiples obstacles (sanitaires, économiques et réglementaires). Sécuriser leurs équipes, maintenir la production, livrer leurs clients pour nourrir les français…elles ont été sur tous les fronts et ont su inventer de nouvelles solidarités. Aujourd’hui, à l’heure de la reprise, soutenez-les PME françaises plus que jamais !

 

Franck Bonfils, Directeur Général de Justebio/ Un Air d’Ici, société commercialisant des fruits secs, graines et céréales, experte dans le VRAC en GMS, témoigne.

PME+ : A quelles difficultés avez-vous dû faire face depuis la crise ?

Franck Bonfils : Comme toutes les entreprises d’agroalimentaire, cette crise sans égale nous a obligés à faire preuve d’agilité afin de nous adapter rapidement. Dès la première semaine, la panique a gagné les consommateurs et certaines enseignes ont communiqué sur « la fin du VRAC ». Pour faire face à cette situation, nous avons mis très rapidement en place 3 mesures principales.

1- AU SEIN DE LA SOCIÉTÉ, GARANTIR LA SÉCURITÉ
Les premières mesures ont visé à garantir la sécurité de nos clients et de nos collaborateurs.
Pour les clients. Dès la réception des marchandises, les mesures visant à garantir l’hygiène, les contrôles et la traçabilité des produits ont été renforcées, en production et lors du conditionnement.
Pour les salariés : En interne, le télétravail a été la solution privilégiée pour tous les collaborateurs chaque fois que c’était possible. C’est ainsi que nous avons équipé de portables les services commerce, marketing et comptabilité, afin que ceux-ci puissent travailler depuis leur domicile. Pour les salariés sur site, des mesures d’hygiène et de sécurité très rigoureuses ont été appliquées : pas plus de 4 collaborateurs dans les bureaux, ce qui a été rendu possible par le fait que certains étaient en télétravail, rotation des équipes de production, temps de pause fractionnés pour éviter les regroupements de plus de 5 personnes, etc.
Pour les points de vente partenaires et les clients finaux : Une fois encore, nous avons dû réagir rapidement. Comme certains magasins craignaient de voir les consommateurs se détourner des rayons vrac (ce qui a été démenti par toutes les études depuis), nous avons développé et proposé aux magasins une signalétique à afficher en rayon pour expliquer au consommateur le « petit geste » à adopter dans le rayon VRAC. C’est à dire comment se servir d’un sachet kraft disposé dans nos meubles Vrac comme d’un gant, ceci afin de ne pas toucher les surfaces ou poignées touchées par des consommateurs avant lui, et lui permettre ainsi d’effectuer ses achats en Vrac en toute sérénité.

2- MAINTENIR LA PRODUCTION ET ACCOMPAGNER LES ENSEIGNES DE GRANDE DISTRIBUTION
La société a décidé de continuer à accompagner les points de vente (l’entreprise Un Air d’ici est présente dans environ 5 000 supermarchés et hypermarchés). Nous avons décidé de continuer à proposer les services de nos merchandiseurs aux magasins qui en ont manifesté le souhait ; et beaucoup de points de vente ont apprécié notre aide pour les aider à approvisionner les linéaires et à les maintenir propres. Beaucoup de points de vente nous ont d’ailleurs dit que nous étions presque les seuls à avoir toujours assuré un niveau de service optimal grâce au passage de notre force commerciale.

3- BAISSER LES PRIX SUR NOTRE BOUTIQUE EN LIGNE POUR RENDRE LE BIO ACCESSIBLE
Concernant notre boutique en ligne, nous avons vu les commandes être multipliées par 6 en moyenne pendant les deux mois de la crise du covid. Pour continuer à livrer sans dégrader le service aux particuliers, nous avons donc renforcé les effectifs affectés à la préparation et à l’expédition de commandes, toujours en respectant des normes d’hygiène très strictes. Nous avons adapté notre système de livraison en faisant appel à DHL express. Cette décision a engendré un surcoût que nous n’avons pas répercuté à nos clients. Bien au contraire, nous avons intensifié les remises et les opérations commerciales, pour rendre le Bio accessible et permettre au consommateur d’avoir une alimentation saine, même en cette période de confinement.

PME+ : Cette crise aura-t-elle des répercussions durables sur votre activité (organisation du travail, circuits de distribution, approvisionnement, etc) ?

Franck Bonfils : Cette crise nous a tous surpris par sa rapidité et sa radicalité : rayons vides dès le premier weekend, comportements irrationnels de certains consommateurs… Mais elle a aussi permis d’identifier des tendances qui vont perdurer : développement des drives et des livraisons à domicile, mais aussi volonté de manger des produits bio, locaux, etc.
Nous allons donc continuer à structurer notre offre et à affirmer notre légitimité sur le vrac : encourager le développement de filières locales pour nos approvisionnements, accentuer la visibilité de notre boutique en ligne, et même intensifier notre communication média pour faire connaître la « marque Justebio ».
Concernant les circuits de distribution, nous avons pu observer l’importance de nouer des relations de confiance avec nos clients, aussi bien les points de vente que les clients finaux.

PME+ : Quelle forme prend l’innovation dans votre entreprise ? La crise a-t-elle impacté vos projets ?

Franck Bonfils : Notre société a toujours été innovante, c’est dans son ADN. Bien que PME de moins de 150 salariés, nous avons souvent été précurseurs. Nous avons notamment été les premiers à :
• Proposer le concept « Full service » pour rendre le vrac accessible au plus grand nombre en GMS ; dès l’année 2013
• Proposer un sachet entièrement biodégradable et compostable pour les produits en libre-service, garantissant la conservation des produits pendant 9 mois, en nous associant avec une start-up israélienne seule à détenir le brevet de ce matériau, depuis juin 2019
• construire en Europe un site de production et de conditionnement zéro plastique : une usine modèle de 12 000 m2 qui ne générera aucun nouveau déchet, et qui sera opérationnelle dernier trimestre 2020.
• Lancer une boutique en ligne qui, grâce à un meuble vrac virtuel, permet au consommateur de choisir des produits au gramme près : le « VRAC STORE » parmi les 140 références de la marque.
La crise n’a pas impacté nos projets : nous restons toujours déterminés à innover, y compris dans nos produits. Nous lançons en effet des nouveautés tous les quadrimestres et préparons une diversification de notre activité. Rendez-vous en septembre …

PME+ : Selon vous, y aura-t-il un avant et un après cette crise ?

Franck Bonfils : oui comme précisé dans le titre de l’article, je pense que cette crise a permis de mettre en lumière la nécessité de réduire nos déchets. Les nouveaux déchets engendrés par la crise sanitaire sont difficiles à recycler : gants, masques et matériel médical demandent en effet une collecte et un traitement particulier (déchets sensibles). Beaucoup d’emballages et de suremballages dans les produits alimentaires ont eu un effet pervers, en laissant croire à tort que l’emballage pouvait protéger le consommateur d’une contamination. Or il a été prouvé le contraire …
Il faut donc redoubler de vigilance sur la question des déchets que nous produisons, et rester mobilisés en faveur du zéro déchet. Le vrac est alors une des solutions pour réconcilier hygiène et écologie. A sa mesure, JusteBIO offre la possibilité de mieux consommer et de moins polluer.