Léa Nature : Assurer la pérennité à la fois du capital et des valeurs

Léa Nature : Assurer la pérennité à la fois du capital et des valeurs

Rencontre avec Charles Kloboukoff, Président-fondateur de Compagnie Léa Nature

 

Comment avez-vous défini et structuré la gouvernance dans votre entreprise ? En quoi est-elle singulière ?

J’ai entrepris par volonté d’indépendance, de liberté d’actions et d’initiatives, dans le but de concilier économie et écologie autour des deux piliers : la Nature et la Santé.  Après la réussite des 20 premières années de l’entreprise, j’ai engagé une réflexion familiale autour de « l’entreprise du bien commun », de son futur et de sa transmission et succession. Avec mon épouse je ne souhaitais pas que nos enfants soient nantis avant d’avoir tracé leur propre chemin. J’ai découvert dans la vie que toute richesse ne vaut que si elle est partagée.

Sécuriser l’esprit initial de la mission de l’entreprise, de ses engagements, son ancrage territorial et sa pérennité en confiant indirectement, via une holding, le contrôle majoritaire à une organisation philanthropique, sur la base d’une charte « de bonne conduite », est devenu au fil du temps une évidence pour moi et ma famille. Se déshériter de son vivant est une démarche profonde, d’abord déstabilisante puis enthousiasmante. La transmission progressive du capital de l’entreprise à un fonds philanthropique entre en résonnance avec nos valeurs et donne un nouveau sens à l’économie.

 

En quoi votre gouvernance est-elle un levier de performance ?

Compagnie Léa Nature œuvre à un modèle innovant d’entreprise qui souhaite contribuer activement au bien commun en prenant en compte l’intérêt collectif et celui de la planète dans ses finalités.

Ses valeurs d’origine, ses engagements RSE, sa philanthropie environnementale, sa mission statutaire et la transmission progressive du capital à un fonds philanthropique, lui permettent de concilier économie et écologie.

 

Comment procédez-vous pour partager la vision et la stratégie de votre entreprise ?

Notre démarche RSE est évaluée niveau Excellence par Ecocert depuis 2013 (référentiels Ecocert 26000 – siège social) et renouvelée tous les ans.  Ceci nous permet d’être dans une démarche d’amélioration continue et d’écrire notre plan d’engagements sociétaux et environnementaux avec des objectifs.

Un comité d’engagements RSE recueille tous les 3 ans auprès des directions les nouveaux objectifs en fonction de nos 5 grands engagements : Gouvernance responsable ; Proposer des produits sains, respectueux de la santé de l’Homme ; Préserver les ressources de la planète ; Limiter notre impact sur le climat ; Développer nos contributions citoyennes et sociales. L’ambition est portée par l’actionnaire majoritaire. Le comité Engagements RSE oriente et coordonne le plan d’engagements impulsé par la direction générale. Il est déployé ensuite dans les instances de direction par activités/filiales.

Ce plan RSE est signé par chaque Directeur de filiales, chargé de le diffuser auprès des managers, avec l’appui de référents et contributeurs RSE nommés (+ de 70 personnes).

Des Indicateurs Clé de Performance ont été formalisés pour garantir la traçabilité des données RSE.

 

Comment vos parties prenantes nourrissent-elles votre stratégie ?

Dans la continuité de notre démarche RSE, Léa Nature UES a inscrit sa qualité de société à mission environnementale dans ses statuts en 2019 (dans le cadre de la Loi PACTE). Depuis que Léa Nature UES est société à mission, un comité de mission a été créé, constitué de 6 parties prenantes externes qui nous challengent sur nos objectifs, apportent un nouvel éclairage et contribuent à affiner nos indicateurs RSE.  Un Organisme Tiers Indépendant audite et vérifie ensuite l’exécution de la mission.

 

Quels conseils donneriez-vous pour mettre en place un mode de gouvernance efficace, pérenne et fédérateur ?

J’ai découvert au fil des 7 années de réflexion qui ont précédé la création du fonds de dotation F.I.C.U.S, à travers les expériences menées depuis des décennies en Suisse, au Danemark, en Allemagne, que nous ne sommes pas les seuls à croire qu’un partage plus juste et citoyen de la valeur est possible. En France, de plus en plus d’entrepreneurs issus de secteurs variés (presse, industrie, conseil, distribution, filière bio…) sont prêts à se déposséder de leur entreprise au nom de l’intérêt commun plutôt que de la vendre et s’enrichir.

Ce nouveau modèle de transmission démontre que le lien entre philanthropie et économie est possible et assure pérennité à la fois du capital et des valeurs.