PME et RSE : vers une croissance raisonnée et pérenne ?

Une contribution des étudiants de la Chaire Grande Consommation de l’ESSEC – promo 35

En occasionnant la mise en pause d’une partie de l’économie et en stoppant net la production et la croissance de certaines entreprises, le coronavirus a fait resurgir le vieux débat de la décroissance, qui prône une réduction de la production pour préserver les ressources dont nous disposons. Le modèle de l’entreprise en quête effrénée de croissance et de productivité n’est donc plus le seul à trouver grâce auprès des salariés, des consommateurs et des investisseurs. Les sociétés dites à impact qui se multiplient, ou l’instauration du statut de « société à mission » tendent à renforcer ce phénomène. Pour les sociétés à impact, la performance s’articule autour d’une multitude de critères : financier, sociaux, environnementaux, sociétaux. Par exemple, chez Phenix, startup se battant contre le gaspillage alimentaire, la réussite tient à la fois aux bénéfices réalisés mais aussi au nombre de tonnes d’aliments sauvés de la déchetterie.

En fait, nous devrions parler de croissance raisonnée, de performances RSE*; la question est de savoir si cette démarche serait pérenne pour tout type d’entreprises, des grands groupes aux PME ? Et si s’engager dans une démarche RSE est synonyme de croissance…pérenne ?

Nous avons en France près de 4 millions de PME, soit 99,9 % des entreprises qui représentent 6,3 millions de salariés, et 43% de la valeur ajoutée du pays.

C’est peu de dire que le questionnement d’une croissance raisonnée, et par ricochet du développement et la crédibilité de la RSE, dépend en bonne partie de sa prise en compte par les PME.

La Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) n’est pas l’exclusivité des grandes entreprises. Beaucoup de TPE et PME ont compris qu’elles avaient tout intérêt, elles aussi, à s’inscrire dans cette démarche. Différenciation, innovation, fidélisation des talents et performance économique sont autant de raisons de s’engager dans une telle démarche.

Beaucoup d’ente elles ont d’ailleurs engagé des actions dites « RSE » sans les formaliser ou même sans se rendre compte que certains projets lancés relèvent d’une stratégie RSE.

  • 90% des dirigeants de PME/ETI françaises mènent des actions RSE alors qu’elles n’ont aucune obligation de publier de rapport dédié – Source : Bpifrance Le Lab 2019
  • 50% des dirigeants de PME/ETI ont une véritable démarche RSE et 25% une démarche structurée avec un plan d’actions à court ou moyen terme – Source : Bpifrance Le Lab

Mais alors que les grandes entreprises, poussées par des enjeux forts (image de marque, activisme actionnarial, obligation de reporting pour les marchés financiers etc), ont pu mobiliser les ressources nécessaires pour entamer leur démarche RSE, les PME peuvent rencontrer encore certains obstacles :

  • La capacité d’allocation de ressources financières ou humaines pour des projets à long terme est plus limitée
  • La sensibilité aux cycles économiques est plus forte,

Des changements de modalités s’imposent donc mais ne remettent pas en cause les éléments suivants :

  • L’inertie est plus réduite,
  • La culture « terrain » est plus développée,
  • L’éthique et la loyauté sont des valeurs aussi rentables pour les grands groupes que pour les PME,
  • Les PME doivent soigner, tout autant que les grands groupes, leur image et tenir compte de l’évolution de l’opinion,
  • Les initiatives de développement durable sont génératrices d’économies aussi bien dans les grands groupes que les PME,
  • Et surtout, une grande majorité de PME s’inscrivent dans une histoire de transmission familiale, et donc un temps long.

 

Les initiatives relatives au développement durable sont moins visibles dans les PME pour plusieurs raisons, et notamment le fait qu’elles sont moins « vocales » que les grands groupes et attirent également moins l’attention sur ces sujets habituellement monopolisés par ces derniers.

Pourtant, nous étudiants de la Chaire Grande Consommation pouvons affirmer que les PME ont autant à gagner que les grands groupes, en s’engageant dans une démarche RSE et en communiquant sur la réalisation de leurs actions. Pour preuve que les choses sont en train d’évoluer, depuis la création du Grand Prix Essec, les candidatures de PME ont augmenté de 25% et en 2019, 4 prix sur 6 ont été remportés par des PME. Point commun de ces entreprises lauréates, leurs dirigeants étaient tous engagés et convaincus de l’intérêt économique et durable de leurs projets.

A notre sens, il existe autant de façons de faire de la RSE dans les PME-ETI que d’ADN d’entreprises et d’entrepreneurs. Et les PME ont pour elles, un capital confiance des consommateurs en grande partie construit sur leur image d’authenticité et d’ancrage territorial fort. Ce capital immatériel doit donc être entretenu pour mener à une croissance raisonnée et pérenne.

 

Auteur : Les étudiants de la Chaire Grande Consommation – promo 35

 

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